16/11/2016

25 millions de passagers, 650 vols par jour, un avion toutes les 90 secondes (18h/24h), et si on en débattait ?

Les prévisions de développement de l'aéroport de Genève sont inquiétantes: 25 millions de passagers, 650 vols par jour, un avion toutes les 90 secondes, 18h/24h. En parallèle une explosion des nuisances, bruit, pollution de l'air, péjoration de la santé des riverains, dévalorisation des bâtiments.

Une initiative a été lancée par des associations de protection de l’environnement et de riverains pour un qu'un vrai débat ait lieu et pour trouver un équilibre durable entre les besoins de l’économie, du tourisme, de la Genève internationale et les impacts sur la pollution, le bruit, la santé publique et la qualité de vie des dizaines de milliers de riverains.

Signez et faites signer l'initiative : www.initiative-aeroport.ch jusqu'au 1er décembre.


Une croissance aveugle sans se poser de questions ?

Le nombre de passagers à l’aéroport de Genève a doublé ces dix dernières années, dépassant désormais 15 millions. En parallèle, les nuisances ont explosé, en particulier le bruit (notamment nocturne) et la pollution de l’air locale, ainsi que les émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique, dont 23% sont dues au trafic aérien à Genève.

Les autorités prévoient 25 millions de passagers en 2030. Cela représente 650 vols par jour, un avion qui décolle ou atterrit toutes les 90 secondes, 18h/24h.

Bien sûr, l’aéroport est important pour le canton de Genève, en termes d’emplois et d’activité économique, pour le tourisme, la Genève internationale et les habitant-e-s de la région qui apprécient disposer de nombreuses destinations pour voyager. Mais ce n'est pas une raison pour se voiler la face et faire semblant que ce développement inconsidéré n'aura pas d'impact en termes de nuisances pour les dizaines de milliers de riverains et l'ensemble de la population genevoise.

Explosion des nuisances

La croissance de l'aéroport doit être concertée et maîtrisée pour ne pas sacrifier la population et pour prendre en compte l’environnement. Cela représente en outre un coût important pour la collectivité, que les autorités passent sous silence. Pourtant, ce sont nos impôts qui prennent en charge ses conséquences sur la mobilité, la santé, la pollution de l’air, le réchauffement climatique, l’aménagement du territoire et les finances publiques via son régime fiscal spécial.

Tous les efforts effectués ces dix dernières années (mobilité durable, isolation des bâtiments…) sont contrecarrés par le développement du trafic aérien, qui a fait croître les émissions qui lui sont liées de plus de 60%. Dans le bilan carbone de la population genevoise, il pèse aussi lourd que le chauffage des bâtiments. Malheureusement, la tendance ne va pas s’inverser, bien au contraire.

L’aéroport de Genève est urbain, proche de quantité d’habitations et de lieux de travail. La population est directement touchée par son développement, le bruit et la pollution occasionnant des maux sur plan physique et psychique. L’augmentation du bruit réduit également les surfaces constructibles, dans un contexte de crise du logement. Enfin, acheminer 25 millions de passagers à l’aéroport bouleverse la mobilité et risque d'entraîner de nombreux bouchons si les liaisons en transports publics ne suivent pas.

Un choix qui doit être démocratique

Les décisions relatives à l'aéroport sont prises par quelques personnes entre Berne et Genève. La voix des premiers concernés, les communes et la population de la région, n'est pas entendue.

C’est pourquoi des associations de protection de l’environnement, dont l’ATE, et de riverains se sont réunies au sein de la Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE) afin de lancer une initiative populaire. Objectif ? Reprendre la main sur l’avenir et la croissance de l’aéroport. Elle vise un équilibre durable entre besoins de l’économie, du tourisme, de la Genève internationale et la pollution, le bruit, la santé publique et la qualité de vie des milliers de riverains, à rappeler le caractère public de l’établissement, au même titre que les Services industriels ou les Transports publics, et à assurer une consultation des personnes concernées.

Signez et faites signer l'initiative : www.initiative-aeroport.ch jusqu'au 1er décembre.

13:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.