29/11/2013

Répartition des départements, regard critique

Cette fois ça y est, habemus departementum, le Conseil d’Etat s’est reparti les départements apprenait-on mercredi dans le courant de l’après-midi. Globalement, cette répartition paraît logique et les compétences de chacun-e ont été manifestement prises en compte. Deux choses me semblent importantes à souligner. La première, personne ne sort perdant, personne n’a l’air d’avoir été forcé, personne ne semble frustré. Aucune excuse donc pour ne pas assumer les bilans dans quatre ans et demi à l’issue de la législature. La seconde, pourquoi diable l’économie a-t-elle été rattachée à la sécurité alors qu’à mon avis elle aurait dû l’être au département présidentiel ou aux finances.


Pour la gauche avec deux représentant-e-s sur sept au gouvernement, cette législature s’annonce très difficile. Pour rappel, il y a huit ans, la gauche avait la majorité au Conseil d’Etat avec deux Socialistes et deux Verts. Il y a quatre ans, les Socialistes perdaient un siège au profit de la droite. Il y a quelques semaines, ce sont les Verts qui à leur tour en perdaient un en faveur de la droite et du MCG. Ce Conseil d’Etat est donc fortement ancré à droite et devra à l’issue de cette législature assumer son bilan en termes de mobilité, de sécurité, d’emploi, de finances, etc. 

Par département

M. Longchamp devient donc le premier Président du Conseil d’Etat et aura notamment pour défi à la tête d’un petit département de faire avancer le projet du Grand-Genève, de faire du lobbying efficace à Berne et de défendre la Genève Internationale. 

Quant à M. Dal Busco, en reprenant les finances, il aura la lourde tâche de mener à bien les réformes fiscales et de réduire une dette de 12 milliards qui je le rappelle a été creusée par la droite qui dirige notre canton depuis des décennies.

Mme Emery-Torracinta reprend la lourde machine du DIP et son lot de défis et réformes dans un domaine qui fait partie du cœur des missions de l’Etat. Espérons qu’elle poursuive en parallèle une politique volontariste dans les domaines de la culture et du sport ?

M. Hodgers reprend la patate chaude de l’aménagement et du logement avec pour mission de construire des logements à loyers accessibles et de mener à bien des projets comme le si important Praille-Acacias-Vernets. Cerise sur le gâteau ou éolienne sur la colline, il reprend l’énergie et donc la tutelle des SIG des mains d’un autre ministre qui ne doit pas être mécontent de se débarrasser de ce dossier à haute tension.

M. Barthassat reprend la mobilité qui redevient transports. Après avoir tapé sur les Verts et leur magistrate et avoir brandi la traversée autoroutière du lac comme baguette magique pour résoudre les problèmes de saturation de trafic à Genève, la majorité de droite reprend les commandes de la mobilité. Alors on est curieux de voir en application les solutions toutes faites de campagne, vive ondes vertes et routes, places de stationnement et parkings…on fera le bilan dans quatre ans.

M. Poggia se taille une belle part du lion avec l’emploi, le social et la santé. Là aussi, il faudra tenir les promesses sur les baisses de primes d’assurance maladie et le retour à l’emploi des genevoi-s-e-s qui sont au chômage ou à l’aide sociale.

L’économie aurait dû être rattachée au département présidentiel ou aux finances

Et pour finir, M. Maudet garde la sécurité mais curieusement se voit rattacher l’économie. En ce qui concerne la sécurité, laissons au magistrat le fait qu’il a repris un département dans un état peu reluisant et qu’il a su lui redonner un certain cadre. En termes de résultats concrets, gageons qu’il est difficile d’avoir un vrai bilan en un an et demi mais espérons qu’au-delà de la communication, la sécurité des genevois s’améliore vraiment ces prochaines années. Pour ce qui est de l’économie, son rattachement à la sécurité ne s’appuie sur aucune logique politique. On peut imaginer que M. Maudet ne pouvait pas se permettre de quitter le département de la sécurité, ses électeurs/trices ne l’auraient pas compris. Alors comme si la sécurité ne suffisait pas à occuper un magistrat à plein temps, ce dernier a voulu reprendre l’économie, difficile à comprendre.

Le Conseil d’Etat a déjà décidé de maintenir l’emploi et l’économie dans deux départements différents, Ça se discute. L’économie se retrouvant seule, il aurait mieux fallu, à mon avis, la rattacher au département présidentiel ou aux finances. Au premier, car il y aurait une logique à lier la promotion économique aux affaires extérieures, fédérales et intercantonales et à la Genève internationale. Au second, car les incidences des réformes fiscales auront des conséquences directes sur l’économie genevoise.

En conclusion, cette répartition dans les grandes lignes donne quelques espoirs par rapport à celle que nous avons subie en 2009. Ce qui est sûr, c’est qu’avec une forte majorité de droite au Conseil d’Etat comme au Grand Conseil, il faudra assumer les bilans en 2018.

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